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Comment intégrer les recommandations du dernier rapport du Shift Project à une stratégie patrimoniale de long terme ?

  • il y a 6 jours
  • 8 min de lecture

Cet article s’adresse en particulier aux épargnants sensibles aux critères extra-financiers, souhaitant mieux appréhender les transformations décrites dans le rapport du Shift Project et réfléchir à leur prise en compte dans la structuration globale d’un patrimoine, sans pour autant constituer une recommandation d’investissement.



NB : Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation personnalisée ou une incitation à l’achat ou à l’arbitrage. Toute décision d’investissement doit être prise après une analyse adaptée à la situation personnelle de l’investisseur. Par ailleurs, les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas une garantie de résultat. Il ne cherche pas à prédire l’avenir, mais à donner une grille de lecture patrimoniale pour décider dans un environnement instable.

Il y a des rapports que l’on lit, et d’autres qui interpellent. Le dernier rapport du Shift Project appartient à la seconde catégorie.


Il ne parle pas seulement de climat, ni même d’énergie. Il propose la lecture d’un basculement, celui d’une économie qui entre dans une ère de contraintes. Une économie où l’énergie devient plus rare, où les ressources se tendent, où les équilibres géopolitiques se fragilisent. Dans ce monde, la croissance ne disparaîtra pas, elle change de nature.


Ce que décrit le Shift Project est simple dans son principe mais exigeant dans sa mise en œuvre. La France doit transformer en profondeur son appareil productif pour sortir de sa dépendance aux énergies fossiles. Six piliers de transformations, 20 chantiers à mettre en oeuvre pour atteindre cet objectif. Rénover les logements, électrifier les usages, produire une énergie bas carbone abondante, transformer l’industrie lourde, repenser les mobilités, préserver les ressources naturelles.


Dans ce rapport, tout semble nécessaire et c’est précisément ce qui peut en faire un axe de réflexion patrimoniale.


Les 6 grands axes que nous propose le rapport de transformation de l’économie française (Shift Project) :


1. Transports - sortir du pétrole :


Le transport est un des premiers émetteurs de CO₂ en France. Aujourd’hui encore, il repose quasi exclusivement sur les énergies fossiles.


L’objectif est double :

  • électrifier les usages (voiture, camions)

  • modifier lus usages (train, vélo, transports collectifs)


Ce n’est pas seulement une transition technologique, c’est une transformation des comportements. 


2. Logement — consommer beaucoup moins d’énergie :


Le logement est un gouffre énergétique, notamment à cause du chauffage l’hiver et de la climatisation l’été. 


Deux leviers incontournables :

  • rénovation massive du parc immobilier

  • remplacement des systèmes fossiles par des solutions électriques viables


C’est un chantier à la fois économique et politique car il dépend fortement du financement public.


3. Numérique — maîtriser la croissance et les usages : 


Le numérique, et en particulier les data centers, devient un consommateur massif d’électricité. Le sujet n’est pas de le développer à tout prix, mais de le contenir et de l’arbitrer. C’est un changement radical car il s’agit du premier secteur où la croissance doit être pilotée.



4. Industrie — réduire les émmissions :


L’industrie concentre des émissions difficiles à réduire (acier, ciment, chimie).


La transition repose sur :

  • électrification des procédés

  • hydrogène bas carbone

  • Captation du CO₂


C’est un chantier long, coûteux sans lui, aucune décarbonation est crédible.


5. Agriculture & forêt — préserver et mieux transformer :


Ce secteur est à la fois émetteur et solution.


Objectifs :

  • réduire les émissions (élevage, engrais)

  • renforcer les puits de carbone naturels, les forets. 


Mettre en place un équilibre délicat entre production alimentaire, rentabilité et contraintes climatiques.


6. Énergie — produire beaucoup plus, produire beaucoup mieux :


C’est l’axe central. Tout repose dessus.


La France doit :

  • augmenter fortement sa production d’électricité bas carbone

  • combiner efficacement nucléaire + renouvelables

  • développer des bioénergies encadrées


Sans énergie suffisante, toute la transition est vouée à l’échec.


Pourquoi s'inspirer des idées du Shift Project dans sa stratégie patrimoniale ?


Ces six axes ne relèvent pas qu’une vision purement théorique et globale, ils proposent une vision des flux financiers d'une nouvelle forme d'économie. Pour un investisseur, cela signifie que la performance ne viendra plus uniquement de la croissance globale, mais de l’exposition aux transformations sous contraintes.


Dans cette vision du futur, les capitaux sont dirigés vers l’énergie, les infrastructures, l’industrie et les ressources, non par opportunité mais par nécessité. À l’inverse, certains modèles dépendants des énergies fossiles ou d’une consommation abondante entreront en érosion structurelle. Il ne s’agit plus seulement de diversifier, mais de s’aligner avec ces prévisions de mutations profondes de l’économie réelle.


Commencer avec prudence à Intégrer ces six axes, c’est positionner un patrimoine là où les investissements seront massifs, durables et soutenus par des dynamiques de long terme. En creux, c’est aussi éviter d’être exposé à un monde qui, progressivement, ne sera plus financé.


Comment transformer la lecture de ce rapport en choix concrets pour votre patrimoine ?


« Les fonds d’investissement évoqués dans cet article le sont exclusivement à titre illustratif. Ils ne constituent en aucun cas une recommandation d’investissement, une incitation à l’achat ou à l’arbitrage, ni un conseil personnalisé de la part de EONE Conseil. Ils représentent des pistes de réflexion et d’analyse, destinées à illustrer la manière dont certaines thématiques stratégiques peuvent se traduire en solutions d’investissement potentielles. Toute décision d’investissement doit impérativement s’inscrire dans le cadre d’un audit patrimonial préalable, prenant en compte la situation personnelle, fiscale, financière et les objectifs propres à chaque investisseur, ainsi que les caractéristiques des contrats concernés. Enfin, la diversification demeure un principe fondamental de la gestion de patrimoine. Elle vise à réduire les risques et à renforcer la résilience des portefeuilles face aux aléas de marché, sans jamais constituer une garantie de performance ou de préservation du capital. »

Cette approche conduit naturellement à organiser l’allocation autour de trois thématiques fondamentales. Pour chacune d’elles, nous présentons des exemples de fonds d’investissement accessibles au sein des contrats que nous retenons pour nos clients les plus sensibles aux enjeux extra-financiers.


  • Thème énergie bas carbone et électrification :


Le premier, l’énergie bas carbone et l’électrification, constitue la colonne vertébrale du système. Toute la transition repose sur la capacité à produire davantage d’électricité propre et à l’utiliser partout : mobilité, logement, industrie. S’exposer à ce thème, c’est capter le cœur des investissements à venir, ceux qui conditionnent tous les autres secteurs.


AXA WF Clean Energy – LU1914342263

Objectif : Générer une croissance à long terme en investissant dans des entreprises mondiales actives dans la transition énergétique (énergies renouvelables, efficacité, infrastructures).

Zone géographique : Monde

Horizon recommandé : 5 ans

SRI : 4 / 7

SFDR : Article 9

Mandarine Global Transition – LU2257980289

Objectif : Surperformer les actions mondiales en investissant dans des entreprises dont les activités contribuent significativement à la transition énergétique et écologique. Sélectionner des sociétés engagées dans des “éco-activités” ou en transformation vers une économie décarbonée.

Zone géographique : Monde

Horizon recommandé : 5 ans

SRI : 4 / 7

SFDR : Article 9

  • Thème ressources, matières premières et l’eau :


Le second, les ressources, matières premières et l’eau, traduit une réalité plus silencieuse mais tout aussi déterminante : la rareté. La transition énergétique elle-même est consommatrice de métaux, d’eau, d’infrastructures matérielles. Investir sur ces actifs, c’est se positionner sur les tensions structurelles de demain, là où la demande sera contrainte et durable.


BNP Paribas Aqua – FR0010668145

Objectif : Investir dans des entreprises internationales liées à l’eau (infrastructures, services, technologies) avec intégration ESG.

Zone géographique : International (dont émergents partiels)

Horizon recommandé : 5 ans minimum

SRI : 4/7

SFDR : Article 9


Ofi Invest Energy Strategic Metals – FR0014008NN3

Objectif : Exposition à un panier de métaux industriels (cuivre, nickel, argent…) via un indice répliqué synthétiquement. Le fonds vise à capter la performance de ces matières premières, en lien avec la transition énergétique.

Zone géographique : Global (matières premières)

Horizon recommandé : 5 ans

SRI : 5 / 7

SFDR : Article 8


  • Thème souveraineté et maitrise de la production :


Le troisième, la souveraineté européenne, répond à une bascule géopolitique. Relocalisation industrielle, indépendance énergétique, sécurisation des chaînes d’approvisionnement. Ces dynamiques redéfinissent les priorités économiques. Elles orientent les capitaux vers les acteurs capables de produire localement et de réduire les dépendances extérieures.


CPR Invest European Strategic Autonomy – LU2570611322

Objectif : Surperformer les actions européennes en investissant dans des secteurs stratégiques contribuant l’autonomie économique européenne.

Zone géographique : Europe

Horizon recommandé : 5 ans

SRI : 4 / 7

SFDR : Article 8



Lazard Sovereignty Europe – FR0014010443


Objectif : Surperformer le Stoxx Europe 600 via une sélection d’entreprises européennes liées aux enjeux de souveraineté (défense euro, industrie, énergie…).

Zone géographique : Europe

Horizon recommandé : 5 ans

SRI : 4/7

SFDR : Article 8


Pour un investisseur attentif aux enjeux extra-financiers, commencer à orienter son patrimoine à travers ces trois thèmes, ce n’est pas faire un pari. C’est accepter que certains investissements seront incontournables, car ils répondent à des besoins fondamentaux. En structurant une allocation autour de ces piliers, on ne cherche pas à anticiper le prochain cycle de marché, mais à s’inscrire dans les transformations profondes de long terme.


Cette lecture s’inscrit aussi dans une logique plus large, déjà évoquée dans notre réflexion sur la résilience des investissements. Le Shift Project, comme la Revue nationale stratégique, partent du même constat : « Nous entrons dans un monde plus instable, contraint par l’énergie, les ressources et les équilibres géopolitiques. »

L’un analyse les flux économiques, l’autre les enjeux de souveraineté, mais tous deux convergent vers une même réalité ou le capital sera orienté vers ce qui est indispensable. En gestion de patrimoine, cela implique de dépasser la simple diversification pour construire une allocation robuste, alignée avec ces transformations profondes. Autrement dit, investir aujourd’hui revient moins à chercher la performance qu’à s’ancrer dans des actifs capables de traverser durablement ces nouvelles contraintes.


Matthieu Detoul, co-fondateur d’EONE Conseil.


"Diplômé de l’ESCP, j’ai choisi de mettre mon expérience au service des dirigeants et des familles qui souhaitent structurer leur patrimoine avec exigence et sérénité. À travers mes écrits, je partage une conviction : le patrimoine doit être pensé comme un projet de vie."


Les publications du Shift Project sont toutes disponibles ici : https://theshiftproject.org/



FAQ — Investir dans la transition et le Shift Project


Qu’est-ce que le Shift Project et pourquoi intéresse-t-il les investisseurs ?


Le Shift Project est un think tank qui analyse la transformation de l’économie face aux contraintes énergétiques et climatiques. Pour un investisseur, son intérêt réside dans sa capacité à identifier les secteurs qui devront capter des investissements massifs, car indispensables au fonctionnement futur de l’économie.


Pourquoi intégrer la transition énergétique dans une réflexion patrimoniale ?


La transition énergétique ne relève plus d’un choix, mais d’une contrainte économique. Comme évoqué dans l’article, certains secteurs — énergie, infrastructures, industrie — deviennent incontournables, ce qui influence durablement l’orientation des capitaux.

Quels sont les grands axes à suivre pour investir dans la transition ?

Le rapport met en avant six axes majeurs : transports, logement, numérique, industrie, agriculture et énergie. Ces axes permettent de comprendre où se situent les transformations profondes de l’économie et servent de base à une lecture stratégique des investissements.

Comment passer de ces axes à une allocation concrète ?

Comme développé dans l’article, ces axes peuvent être traduits en thématiques d’investissement plus opérationnelles : énergie bas carbone, électrification, ressources, infrastructures ou souveraineté. Cela permet de structurer une allocation de manière cohérente avec les évolutions de l’économie réelle.

Pourquoi se concentrer sur trois grands thèmes d’investissement ?

Les trois piliers présentés — énergie et électrification, ressources et eau, souveraineté européenne — regroupent les dynamiques communes aux différents axes. Ils offrent une lecture simplifiée tout en restant fidèle aux transformations décrites dans le rapport.

Est-ce une stratégie adaptée à tous les investisseurs ?

Cette approche s’adresse principalement aux investisseurs sensibles aux enjeux extra-financiers et souhaitant intégrer une dimension de long terme dans leur réflexion patrimoniale. Elle constitue une grille de lecture et non une recommandation personnalisée.


En quoi cette approche améliore-t-elle la résilience d’un patrimoine ?

Comme évoqué dans la partie dédiée à la résilience, il ne s’agit plus seulement de diversifier, mais de s’aligner avec des tendances structurelles. Investir sur des secteurs indispensables permet de mieux résister aux chocs économiques, énergétiques ou géopolitiques.

Faut-il modifier immédiatement son allocation ?

L’article propose avant tout une réflexion. L’intégration de ces thématiques peut se faire progressivement, en cohérence avec les objectifs, l’horizon et la situation de chaque investisseur.


 
 
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